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Bâtir une communauté autour de logiciels libres

Compte-rendu de la conférence de Jacques Chatignoux (RMLL 2003)
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–  samedi 11 septembre 2004, par Julien Tayon

À parler souvent de la (ou des) communauté(s) du logiciel libre, on est amené à ne voir dans ces communautés qu’une seule finalité : la création de logiciels libres. Le logiciel libre ne serait-il pas un moyen de se retrouver ensemble ?

Jacques Chatignoux n’est pas un expert du logiciel libre, il l’exploite pour développer des communautés. À travers sa conférence du 10 juillet 2003 lors des Rencontres Mondiales du Logiciel Libre à Metz, il nous a livré son expérience dans l’utilisation du logiciel libre SPIP et son sentiment sur cette communauté qu’il côtoie.

Qui est Jacques Chatignoux ?

Son activité est le Conseil en Communication et Développement ainsi que l’animation de réseaux, principalement dans le domaine du développement local et de l’aménagement du territoire. Il utilise le Web depuis des années afin d’impliquer les habitants et de démultiplier l’efficacité de ses initiatives. On trouvera une liste des sites qu’il anime sur iGenerator.

Un petit mot sur les communautés

Pour Jacques Chatignoux, les communautés sont la conjonction de plusieurs éléments :
- des individus,
- un contexte,
- une volonté commune,
- des divergences.

Les divergences peuvent être liées à des différences de connaissances ou d’interprétation. Ces dernières ne sont pas forcément gênantes dans la mesure où la vie d’une communauté serait ennuyeuse si tout le monde parvenait à un accord sans un peu de tergiversations. :)

Au milieu de ces points de convergences et de divergences, Jacques Chatignoux se place sur des problématiques pratiques telles que mener une consultation autour sur l’aménagement du tracé de la RN19 et met les individus en relation afin de les amener à accoucher d’un accord.

Dans un premier temps, il nous a vanté les mérites de son support technique de prédilection, SPIP, puis nous parle de cette communauté un peu particulière qu’il a côtoyée à travers son expérience : la (ou les) communauté(s) du logiciel libre.

Utiliser SPIP pour bâtir sa communauté

Le but d’une communauté par opposition à l’individu est le partage d’une vision commune. Pour ce faire, Jacques Chatignoux utilise SPIP car c’est un outil simple à mettre en place et à utiliser et qui lui permet de se concentrer sur l’essentiel. En effet, la simplicité d’utilisation de SPIP et sa puissance, qui n’est égalée par aucun autre outil, permettent aux internautes, quelque soit leur niveau de compétences en informatique, de débattre sur Internet et non malgré Internet : enfin, la technologie ne se révèle pas un frein mais un moteur à la communication.

Faciliter la prise de parole

Ceux qui conduisent un projet ont besoin de publier des informations afin que les personnes qui sont parties prenantes puissent aussi bien réagir que s’informer. SPIP, en proposant une chaîne d’approbation du contenu claire et simple, est un système orienté vers la rédaction de contenu, plutôt que sa mise en forme. Cela représente un plus pour les rédacteurs non-informaticiens : nulle connaissance en informatique n’est nécessaire pour publier. De plus, la mise en forme est indépendante du contenu, elle intervient lors de la mise en ligne, une feuille de style est alors appliquée au texte, permettant d’obtenir facilement un rendu agréable à l’oeil et homogène pour tous les articles. Ainsi, le rédacteur se retrouve déchargé du frein technologique, et l’on peut éviter d’ajouter des intermédiaires (tels que le webmestre) qui ralentissent le dialogue. Le temps séparant la rédaction de la publication en est grandement diminué, ce qui augmente la réactivité du site par rapport à l’actualité.

Un des effets secondaires du système de publication est aussi de mettre des personnes en situation de défendre leurs projets directement et de s’impliquer plus fortement :
- SPIP fonctionne en s’appuyant sur la notion d’auteur, et l’adresse de ces dernier est apparente dans l’habillage par défaut dont s’inspire fortement M. Chatignoux. Cette mise en avant au niveau de la présentation permet à certains éditeurs de réaliser leur place dans le débat et les amène à assumer plus facilement leurs positions dans les projets ;
- SPIP propose d’activer des forums de discussion publics à la suite de tout article. Ceci permet de gérer un fil de discussion (arborescent), simple d’utilisation et accessible par le Web. Ce qui est plus simple à gérer qu’une liste de diffusion par e-mail.

Ces deux mécanismes aboutissent parfois à révéler et à rassurer des responsables dans leur rôle dans le dialogue avec les administrés et incidemment aux lecteurs du site d’avoir une meilleure lisibilité des personnes en présence, en transformant des interlocuteurs anonymes (l’administration, une compagnie) en des personnes en chair et en os. On peut parler de facilitation du dialogue : il est plus facile de parler à quelqu’un qu’à une chose non déterminée.

L’importance du logiciel libre dans ce processus ?

Aucune. Ce qui importe à M. Chatignoux est que les personnes puissent parvenir à un accord. Une bonne relation est un peu comme une relation de couple faite de quelques dissensions, de compromis, de dialogues et de convergences. Pour la construction d’une communauté, les outils logiciels libres sont fondamentaux uniquement parce qu’ils savent se faire oublier. Ainsi, M. Chatignoux peut-il se concentrer sur les acteurs, et les amener à mieux dialoguer. À travers ses contributions auprès des internautes dans les forums, il va, dès lors, agir comme un médiateur. Ainsi, il va aider ses clients dans leur démarche de communication, et il va aider les internautes à accoucher de leurs propres pensées. Ensuite, ce sont à la fois ses clients qui défendent un projet précis, et les visiteurs du site qui, de par leurs interactions, vont développer et mûrir des dialogues visant à aplanir les difficultés ou lever les malentendus [1].

Il est déjà suffisamment compliqué de réussir à faire se mettre d’accord des individus, il ne faut peut-être pas ajouter des difficultés inutiles !

Le logiciel libre en tant que communauté

Après ce retour d’expérience de l’utilisation de logiciels libres pour construire des communautés, M. Chatignoux a évoqué son expérience de bâtisseur de communautés pour parler de celles du Logiciel Libre. Dans le monde du Logiciel Libre, certains utilisent des outils de publication comme SPIP pour promouvoir leurs propres projets. On y retrouve les dynamiques évoquées plus haut.

L’utilis’acteur

La première expérience appréciable que l’on peut avoir du logiciel libre est l’entraide que l’on peut obtenir de la communauté. Pour M. Chatignoux, il s’agit principalement de celle de SPIP. Utilisateur de Macintosh et peu enclin à passer ses soirées à bidouiller son ordinateur, il a pu apprécier l’aide que peut apporter la communauté SPIP, mais aussi la difficulté à faire valoir son point de vue : celui d’une personne sensible aux problématiques de gestion de contenu, mais relativement insensible à la technique.

Une communauté en opposition

Une communauté peut souvent se définir à la fois par un projet, et une opposition. La communauté du logiciel libre semble, au prime abord, vivre en négation du modèle propriétaire [2]. Cette identité, définie par l’opposition, ne met pas en valeur les projets positifs d’une part, et d’autre part met tout nouvel arrivant dans une position de malaise où il se sent quasiment en devoir de choisir entre deux visions qui semblent manichéennes.

Hiérarchie de compétence

Si les communautés du libre se définissent souvent comme ouvertes au dialogue, elles semblent aussi exiger des nouveaux entrants qu’ils partagent le respect de la hiérarchie de compétence [3]. Il en découle des aspects positifs : peu importe que vous soyez jeune ou vieux, peu importe votre sexe, votre pays d’origine... votre avis sera d’abord mesuré à l’aune de vos réalisations.

Cependant, l’aspect de ces communautés professionnelles [4] est la difficulté à dialoguer ou à concevoir leurs produits à destination de personnes de moindres compétences informatiques. Il en résulte souvent des logiciels à l’installation où l’interface spartiate voire volontairement inexistante.

Certes, le but d’un logiciel est de résoudre un problème que se posait le développeur et de le faire évoluer avec d’autres. Cependant, on peut tout à fait être professionnel dans son métier et pouvoir être pertinent dans le processus d’élaboration d’un projet libre ; un bon comptable n’a pas nécessairement besoin d’être un bon informaticien pour expliquer les règles de comptabilité. La hiérarchie de compétence, lorsqu’elle se focalise sur l’aspect technique informatique, peut exclure des gens également compétents.

À ce titre le projet SPIP jusque dans ces listes de développement fait un peu figure d’exception dans son entêtement à se concentrer sur l’utilisateur et à rejeter les contributions de programmeurs, même très pointues, si elles ne se traduisent pas par une plus grande simplicité de l’outil ou facilité de prise en main, notamment par les utilisateurs non informaticiens. Peut-être SPIP pourrait-il être considéré comme une exception, si le diktat du discours technoïde ne perçait pas par endroits : parfois des personnes apparaissent sur la liste pour reprocher à l’équipe SPIP de ne pas générer du code respectant la norme HTML et le sacro-saint « W3C validator » [5]. Pour un logiciel de publication, l’essentiel n’est-il pourtant pas qu’il soit lisible par la plupart des visiteurs plutôt que le respect des normes qu’aucun outil ne sait interpréter ?

De l’audace ?

Les deux points suscités, la construction de la communauté en réaction au logiciel propriétaire et l’obsession technique entraînent un effet pervers d’uniformisation des discours. Le logiciel libre se retrouve comme une communauté en difficulté à agir :
- d’une part en s’enfermant dans l’image du geek voire de l’otaku [6] elle ne donne une image réductrice et pas forcément valorisante d’elle même,
- d’autre part en surestimant une menace extérieure liée au logiciel dit propriétaire, cette communauté a tendance à tenir un discours unique. Ce qui est dommage car « une communauté c’est un peu comme un couple, les petites disputes y sont un signe de bonne santé ».

Bilan

Les communautés du logiciel libre permettent à des personnes d’obtenir des outils qui peuvent être fantastiques et faciliter la vie de milliers de non-informaticiens. En ceci, le logiciel libre peut apporter un mieux-être et un support indéniable à l’expression et à la mise en oeuvre de projets. Cependant, la communauté du libre en tant que projet perd en qualité par sa communication qui fait la part belle plus à ses conflits qu’à ses réussites.

[1à l’entendre, son travail est d’aider les autres à tout faire :)

[2Modèle propriétaire : jargon propre au logiciel libre désignant le modèle visant à faire payer non le service, mais le logiciel « dans une boîte » et aussi de le rendre inaccessible aux autres développeurs de logiciels concurrents.

[3Hiérarchie de compétence : la personne est d’autant plus légitime sur un sujet qu’elle a pu prouver qu’elle sait faire techniquement.

[4Communautés professionnelles : rappelons-le, souvent spécialisées en informatique.

[5W3C validator : programme vérifiant la conformité d’une page Web à la norme.

[6Otaku : terme japonais désignant les adolescents japonais en repli sur eux-mêmes de manière quasi-obsessionnelle au profit de leur passion.

forum

  • > Bâtir une communauté autour de logiciels libres
    14 octobre 2004, par JP

    Très intéressant comme article. Merci pour votre site

  • > Commentaire à vue de nez de l’article : Bâtir une communauté autour de logiciels libres
    14 septembre 2004, par Paul Willems

    Deux ou trois remarques :

    1. La première idée évoquée est complexe, de nature économique, voire philosophique. Qu’est-ce qu’une communauté ? Qu’est-ce qu’une communauté qui ne galvaude pas l’idée d’intérêt propre. Je préfère parler d’intérêt propre que d’intérêt individuel. En bref, la distinction que je fais est celle-ci : l’intérêt individuel est égoïste. L’intérêt propre ne l’est pas. Nul n’a intérêt à se sucrer en quelque sorte sur le dos des autres, ou à subir un joug exclusif. Je ne tiens pas non plus à me retrouver dans une sorte de Longo Maï informatique à discours unique. De fait, je n’ai jamqis commencé à en faire partie. Comment éviter ces écueils ?

    Il me semble que se retrouver ensemble est une manière de créer des logiciels libres et non l’inverse. Cela me paraît important. La gratuité peut représenter un danger. Elle a toujours été l’occasion pour certains de se remplir les poches avec le boulot des autres. On me dira que, vu les salaires pratiqués, autant travailler pour rien et exiger la gratuité du produit en contrepartie. Je suis d’accord avec cela. Mais il s’agit de conférer ne fût-ce qu’un statut, de dessiner les contours d’une telle pratique. Délicatement, bien sûr ! C’est de bonne guerre. C’est même vital pour la société. Mais voilà qui est beaucoup plus complexe à mettre en oeuvre.
    Je pense qu’à terme il s’agit de montrer que le boulot qui consiste à construire des manières de faire de l’argent, dans la mesure où il n’est pas "nécessaire", n’est pas un véritable boulot, mais plutôt une sorte de maladie. Il doit y avoir d’autre moyen de susciter des créations ?

    Il me faudrait une conférence pour développer ce point de vue. Mais disons que, en dépit de ses réserves, dans la vision de J. Chatignoux, l’autonomie de l’individu me semble être de la revue. Ce dernier devient un sujet d’influence, sa force de travail informatique quelque part se fait exploiter, ici, par de soi-disant alternatives politiques, là par des agents d’influence de sociétés de développement de logiciels informatiques hypermatérialistes.
    Il y a un discours à gérer, plus qu’un discours, une autonomie.

    Le logiciel libre se vit en opposition avec l’idée de logiciel détenu par quelqu’un...
    Je pense que cette question est aussi fondamentale que délicate, vitale, dirais-je. Je pense qu’il serait bon que certains faits s’établissent nettement : à savoir, la complémentarité des deux systèmes, ou l’urgence "politique" de mettre en oeuvre des contradictions du modèle propriétaire lequel a aujourd’hui beaucoup plus que des relents totalitaires, et menace l’édifice social dans son ensemble.
    Ce ne sont pas forcément les créateurs de logiciels libres qui pillent les programmes sources des logiciels "détenus"... Il est tout aussi courant que ce fût l’inverse.

    De fait, il est facile de critiquer ce qui se pratique. Il est plus difficile d’imaginer une communauté qui fonctionne et qui est émancipatrice. Une idée intéressante de Chatignoux : "dans la perspective de la construction d’une communauté, les outils logiciels libres sont fondamentaux uniquement parce qu’ils savent se faire oublier."
    J’ajouterais cependant que Spip intervient cependant à plusieurs niveaux, parfois de manière assez rigide, ce qui peut être interprété négativement. Une étude approfondie de l’usage de Spip serait intéressante.
    On devrait avoir le choix entre diverses attitudes : parler, laisser un message audio, plutôt qu’un commentaire scripto ; poser une question, demander une réponse ; demander un avis n’importe lequel et que son message soit communiqué à l’auteur du texte auquel il répond ; mettre en place une procédure de suivi des sites, voire des débats sur le net qui concerne le même sujet. Etc..

    Le logiciel tel qu’il existe me semble pourtant assez compliqué pour un non professionnel. Il serait délicat de l’implémenter.

    Certains logiciels libres restent difficiles d’accès pour le débutant.

    Mais il est plus rare que des logiciels libres puissent faire n’importe quoi, une fois que des logiciels détenus existent.

    Ça vaudrait la peine d’y réfléchir davantage.

    Paul

  • > Bâtir une communauté autour de logiciels libres
    13 septembre 2004

    D’ailleurs Julien ce serait cool que tu mettes les ogg à dispo ;)

  • > Bâtir une communauté autour de logiciels libres
    12 septembre 2004, par renox

    >Pour un logiciel de publication, l’essentiel n’est-il pourtant pas qu’il soit lisible pas la plupart des visiteurs plutôt que le respect des normes qu’aucun outil ne sait interpréter ?

    "Soupir", il faut voir qu’il y a deux cotés dans un échange : l’outil de publication et l’outil de lecture, si l’outil de publication ne se conforme pas à une norme, comment peut-on faire un outil de lecture ?
    La réponse est : par essai/erreur, ce qui est bien plus complexe qu’en suivant la norme..
    Pour qu’un outil de publication utilise un format pérenne dans le future, il vaut mieux qu’il respecte donc la norme d’échange choisie quitte à se restreindre à un sous-ensemble supporté par les outils de lecture..

    >en surestimant une menace extérieure liée au logiciel dit propriétaire

    Je pense qu’au contraire la menace est sous-estimée autrement les gens de la communauté du libre se mobiliserait encore plus contre les patentes par exemple.
    Aussi quand on reflechie 2s sur la quantitée d’information stockée dans des formats propriétaire, il est facile de se rendre compte que l’effet de réseau associé (tout le monde doit pouvoir lire des .doc, .wmv, etc) est une menace pour le logiciel libre ou tout au moins un des freins les plus important..

    • > Bâtir une communauté autour de logiciels libres
      13 septembre 2004, par Julien Tayon

      Pour qu’un outil de publication utilise un format pérenne dans le future, il vaut mieux qu’il respecte donc la norme d’échange choisie quitte à se restreindre à un sous-ensemble supporté par les outils de lecture..

      Comme tu le dis il vaut mieux utiliser un format pérenne quand on est tourné vers le futur. J’espère que tu comprendras que des non-informaticiens comprennent ta recommandation, pèsent le pour et le contre, et choisissent de ne pas respecter les normes strictes. En effet, quand on a besoin de communiquer dans le présent, il vaut mieux se concentrer sur le contenant quand la forme est satisfaisante. Entre un contenu presque valide compatible avec tous les navigateurs, et un contenu conforme à une norme stricte l’effort n’est plus le même. Et même si j’apprécie les problèmes de normalisation et le w3c, je me pose la question que toute personne devrait se poser par rapport aux normes ; est elle bien faite ? Il y a des tas de gens bien qui font des choses stupides. À titre personnelle, je pense que c’est le cas. La norme xhtml parce qu’elle rajoute une complexité mal venue promet deux choses :
      - de faire de l’édition web un métier de professionnel où les citoyens non pro pourraient être écartés ;
      - de multiplier les bugs tant au niveau des navigateurs que des logiciels de générations de page web.

      Avons nous vraiment besoin d’un outil de plus en plus compliqué ? À *mon* goût on approche d’un résultat final en informatique non quand on ajoute de la complexité, mais quand on en retranche.

      Il me semble que le propos de Jacques est de dire que l’essentiel est la communication entre hommes (et non entre ordis), et que toute les personnes parlant du futur et des normes, semblent un peu hypermétropes : elles ont une très belle vision du futur, et semble avoir leur regard qui se brouillent quand il s’agit de regarder le présent et l’état réel du net aujourd’hui : il y a encore des personnes sous netscape 4.7 et sous IE 5 non patché.

      Je pense qu’au contraire la menace est sous-estimée autrement les gens de la communauté du libre se mobiliserait encore plus contre les patentes par exemple. Aussi quand on reflechie 2s sur la quantitée d’information stockée dans des formats propriétaire, il est facile de se rendre compte que l’effet de réseau associé (tout le monde doit pouvoir lire des .doc, .wmv, etc) est une menace pour le logiciel libre ou tout au moins un des freins les plus important..

      Ce qui fait avancer un projet c’est d’ignorer les freins, et de ce concentrer sur lemoteurs. Ce n’est pas en valorisant un « ennemi » que l’on peut arriver à quoique ce soit (ce qui le renforce qui plus est), mais en étant conscient ce que l’on peut bien faire, et ce que l’on peut faire avancer.
      C’est vrai dans le libre on est aussi doué pour le troll que microsoft pour le marketing, c’est déjà ça mais on peut faire mieux.

      À titre informatif microsoft ne représente que 10% du chiffre d’affaire de l’informatique. Les plus gros éditeurs de logiciels propriétaires sont les entreprises pour leurs besoins internes. Et les SSII ne font que fournir ce qui est demandé.

    • > Bâtir une communauté autour de logiciels libres
      13 septembre 2004, par Julien Tayon

      Aussi quand on reflechie 2s sur la quantitée d’information stockée dans des formats propriétaire, il est facile de se rendre compte que l’effet de réseau associé (tout le monde doit pouvoir lire des .doc, .wmv, etc) est une menace pour le logiciel libre ou tout au moins un des freins les plus important..

      C’est bien tu es prêt pour venir nous aider sur eoba
      Une solution constructive en cours de développement pour lutter contre les attachements binaires..

  • > Bâtir une communauté autour de logiciels libres
    12 septembre 2004, par Pierre Lo cicero

    Enfin une analyse qui a le mérite d’être concrète. Abrégée, certes, il faudrait en dire plus et il y’a matière, mais concréte.
    Le logiciel libre pose bien des questions fondamentales qui dépassent largement le petit monde du logiciel ou de l’informatique.
    L’informatique n’est qu’un outil, et comme tout outil, asservi à un but. La question de savoir s’il est technologiquement up-to-date, technologiquement avant gardiste ne se pose pas.
    La grande qustion est :
    Est-il utile ?
    Et sa question corollaire :
    ...au plus grand nombre ?
    LA communauté du libre n’est pas le fanion de quelques spécialistes, tels que les politiques, tiers-mondistes, informaticiens, techiciens de tout bord.
    C’est un outil qui a cette particularité d’être profondément humaine. Est-ce nouveau, oui et non. Oui parce qu’un compartimentalisme crasse à séparé les sciences et techniques de leurs utilités premières, servir au genre humain. Ce depuis, finalement, très peu de temps(approximativement la Renaissance) ; et non car c’est une caractérisque, innée à l’être humain, que l’on ne peut gommer.