Accueil Libroscope

Contribuer oui, mais comment ?

Je ne sais pas coder en C et je veux faire partie de la Communauté du Logiciel Libre, c’est grave docteur ?
Licence Art Libre

A la une

Communauté du libre

Esprit du libre

plan du site
–  vendredi 10 octobre 2003, par Julien Tayon

Un jour aux Rencontres Mondiales du Logiciel Libre, je suis tombé sur une personne m’expliquant qu’elle avait organisé un thème parce que certains de ses proches ne la considéraient pas comme une personne contribuant à la communauté du logiciel libre : elle n’avait pas patché le noyau. Inutile de dire que la personne si péremptoire n’a elle-même jamais patché le noyau (ou pas assez souvent et significativement pour s’en vanter) !

L’idée selon laquelle il faut avoir un projet logiciel libre derrière soi ou/et être invité partout dans le monde pour faire partie d’une communauté du logiciel libre est fortement répandue, car ce sont souvent de ces personnes dont il est question sur les sites de news communautaires [1].

Afin de tordre le cou à ce mythe, je vais vous montrer que le code est une des contributions aux logiciels libre mais par forcément la plus importante.

Votre première distro [2]

Cette histoire vraie pour moi l’est probablement aussi pour de nombreux allumés : mon histoire d’amour avec Linux a commencé le jour où mon ami Sylvain avec lequel j’étais en DEUG [3], m’a dit "essaie ! tu verras, c’est fun !". Il m’a apporté les 40 disquettes que l’on a recopiées de son CD (je n’en avais pas) et j’ai joyeusement installé Linux sur un 386sx16 (sasfépu) avec 8 Mo de mémoire. Sans lui et ses conseils, je ne m’en serais jamais sorti. Ce n’est peut-être pas du code, mais ce coup de main a été fatidique.

Ainsi, de temps en temps, par nostalgie, j’aide soit des amis ou parfois des inconnus à passer à Linux. En cela, j’espère contribuer en rendant service.

Depuis ce jour je me dis que pour contribuer il y a plus d’une manière de faire [4] :
- participer à des install parties pour cela contactez le LUG/BUG [5] le plus proche ;
- aider les autres sur les forums pour débutants, les newsgroups étaient mon média favori [6],
- aider les gens sur IRC, lea linux est un site et une communauté de grande valeur à ce titre,
- aider des gens qui vous sont proches. N’oubliez pas de vous faire offrir une bière pour rappeler que (le logiciel) libre ne veut pas dire gratuit. :)

Les livres, et les documentations

Après que mon ami m’ait laissé à moi-même j’ai dû me débrouiller sans Internet. J’ai ainsi dû compter sur trois ressources :
- les ressources électroniques comme :

  1. les HOWTOs : fichiers décrivant comment faire pour un problème particulier, habituellement installés dans le répertoire /usr/share/doc/HOWTO/ sur les distributions Linux,
  2. les cookbooks : des recettes de cuisine faites pour résoudre des problèmes rapidement,
  3. les manpages : les pages de manuel appelées par la commande man nom_de_commande sous Unix présentes sur tous les Unix dont Linux,
  4. les fichier README [7] que les personnes fournissant des logiciels sous forme source [8] distribuent,

- les ressources papier, en l’occurrence l’excellent "Le système Linux" aux éditions O’Reilly. Je précise qu’il s’agissait de la première traduction par René Cougnenc, disparu aujourd’hui, qui a su non seulement faire un excellent travail de traduction mais en plus rendre la lecture tout à fait agréable par ses traîts d’humour,

- le Projet de Documentation Linux. En effet, même si je n’étais pas connecté à Internet, je n’aurais jamais eu les HOWTO et autres guide (comme le guide de l’administrateur système, ou le guide du rootard) s’il n’y avait pas eu cette excellente bibliothèque en ligne que l’on nomme the Linux Documentation Project i.e. TLDP.

J’avais la chance de savoir lire l’anglais technique car j’avais des bases solides du lycée qui se sont améliorées au fur et à mesure. On ne peut que reconnaître que les traductions en français permettent à tous de pouvoir rejoindre les communautés du libre. Donc je tiens à saluer des personnes qui, comme René Cougnenc en traduisant, ou comme Joël Bernier [9] qui a longtemps porté le projet http://www.traduc.org, ont aidé à avoir des textes traduits en français.

Pour aider le Projet de traduction Debian, se référer à la page http://www.debian.org/international...

Utilisateur certes, mais utilisateur actif

Maintenant que soit des personnes, soit des ouvrages vous aient aidé, vous disposez des logiciels. Bien !

Je ne vous mentirai pas : la plupart de nos logiciels sont buggés, voire la totalité. La force des projets logiciels libres ou open source n’est pas de prétendre que les bugs n’existent pas, c’est de les corriger rapidement.

En cela, les personnes utilisant le logiciel libre ont un rôle à jouer en communiquant les dysfonctionements aux auteurs du logiciel [10]. Le mieux est de proposer une manière de reproduire le bug, et de l’envoyer par e-mail à l’adresse du projet, ou d’utiliser les outils dédiés : Mozilla, comme presque tous les projets, dispose par exemple d’un outil de rapport de bugs : Bugzilla.

Debian intègre un système de rapport de bug, reportbug, qui aide l’utilisateur à grapiller les informations techniques, et à orienter les messages d’erreur vers la bonne personne. C’est un must.

Dans le pire des cas, et cela reste toujours la démarche naturelle, vous pouvez toujours contacter l’auteur du logiciel que vous trouverez dans les fichiers de documentation.

Les dandys de la communauté

Nos communautés ne seraient rien sans leurs dandys. Ils sont cools pour deux raisons : ils n’en ont rien à foutre du star system, et c’est pour ça que tout le monde les vénèrent, ou qu’ils vénèrent [11] tout le monde.

Parmi les dandys citons Linus Torvalds, qui ne se dépare jamais de son sens de l’humour, et de son flegme à faire palir un anglais. Si il est surtout réputé pour coder le noyau (c’est un chevalier du C [12]), il est aussi un animateur de projet que les gens n’aiment pas forcément, mais qui réussit à faire que son projet avance. Son coté flegmatique aide. À l’occasion, il est capable de faire des saillies verbales qui sont fameuses : software is like sex, it is better when it’s free [13] ou de dire qu’il trouve certains logiciels de Microsoft bien et qu’il en est entièrement satisfait (en l’occurence pour faire des présentations, pas pour développer :).

Parmi les autres dandys, j’apprécie beaucoup Bruce Perens, un des fondateurs de l’OSI, qui n’hésita pas à changer d’opinion concernant l’Open Source et publia It’s Time to Talk About Free Software Again. J’aime les personnes capables de se tromper et de le reconnaitre.

Au détour de vos rencontres dans les communautés de pratique (comme celle de la programmation de logiciels libres), vous rencontrerez de telles personnes, peut-être êtes-vous aussi de cette trempe ? En tout cas, c’est toujours agréable d’être en bonne compagnie ; et être charmant est l’une des contributions les plus importantes qui puissent être dans le logiciel libre. Alors n’hésitez pas à être charmant.

Le reste du monde

Je pourrais vous faire une liste à la Prévert des contributions possibles :
- certains améliorent l’apparence des sites webs et font des chartes graphiques (libroscope en aurait bien besoin d’ailleurs),
- des avocats apportent leurs lumières sur les licences,
- des sociétés donnent de la bande passante pour héberger nos sites,
- nos partenaires, nos copin(e)s, nos familles nous supportent,
- les brasseurs vendent de la bière (contribution majeure),
- certains écrivent des articles, d’autres conçoivent des T-shirts
- certains pourraient être les mécènes de talentueux désargentés de la communauté [14]
...

Quoilqu’il advienne, il existera toujours une manière pour qui que ce soit de contribuer.

Quand je repense à cette personne qui me parlait de ses mâles amis qui étaient un peu condescendants à l’égard des non codeuses qui ne pouvaient apporter leur ecôt au logiciel libre, je me dis que le logiciel libre traîne aussi un sacré ramassis de gros cons de machos. C’est comme partout ailleurs, le logiciel libre ne rend personne plus intelligent, cela n’apporte ni gloire ni beauté ni argent, seulement de l’amusement. C’est pour ça que la première contribution d’une personne dans un projet logiciel devrait être d’apporter un peu de bonne humeur.

À titre personnel, je respecte les copyrights sur les oeuvres ; donc afin de m’assurer que je puisse utiliser les images, je les choisis selon la Licence Art Libre.

Je considère ceci aussi comme une contribution. Les images de cet article sont faites par Romain Valet et tirées de son site http://romanito.free.fr/photos/. Comme quoi ... la démonstration peut être dans les images.

Version 2.0 le 13/10/2003
- Correction de quelques fautes,
- modifications de quelques tournures
- appel à contribution : qui peut implémenter un dictionnaire sous SPIP dans l’interface de rédaction ? Ca pourrait (m’) être utile :(

Version 3 le 19/04/2004
- encore des fautes d’orthographes

[1 http://linuxfr.org, Geekpride et autres

[2terme argotique désignant une distribution linux

[3non, non ce n’était pas mon petit ami, j’ai txoujours été un macho

[4Petit clin d’oeil à la maxime du langage de programmation Perl.

[5LUG/BUG : c’est à dire groupe d’utilisateur de Linux ou BSD.

[7Lisez-moi, en français

[8pour l’anecdote ma distribution était une Slackware

[9fondateur des Logiciels du Soleil

[10On appelle cette opération remonter un bug

[11vénérer voulant dire énerver en argot

[12le langage considéré comme le plus pur et dur, bref on s’en moque un peu ici.

[13le logiciel c’est comme l’amour, c’est meilleur quand c’est libre/gratuit (il joue ici sur l’ambiguïté du terme anglophone "free").

[14moi par exemple

forum

  • Quelques typos
    20 octobre 2003

    Cougnenc, pas Cougenc

    Joël Bernier, pas Joel

    occurrence, pas occurence

    et quelques autres que je ne citerai pas pour ne pas passer pour un pédant ... :-)

  • > Contribuer oui, mais comment ?
    20 octobre 2003, par valos

    Clap, clap, clap ...
    Bravo ! pr ce superbe article rempli de verités et merveilleusement bien écrit.

  • > Contribuer oui, mais comment ?
    20 octobre 2003, par poup

    Qu’est-ce qu’il a contre les machos lui ?

  • > Contribuer oui, mais comment ?
    18 octobre 2003, par Glaucon

    N’essaie pas de te défendre, tout le monde sait qu’il y a des gays très machos, et que certains rencontrent leur Giton au détour d’une install party...

    Ton ami Glaucon.

  • > Contribuer oui, mais comment ?
    13 octobre 2003, par Valery Beaud

    Tout a fait d’accord avec ce point de vue : il y a mille et une facons de contribuer au "Mouvement du Libre" et de rejoindre ainsi la communaute, qui repose entierement sur le partage du savoir.

    Merci egalement de m’avoir fait decouvrir les photos de Romain Vallet - dont le pseudo est Romanito - qui contribue lui aussi a ce fabuleux mouvement. J’en profite pour corriger l’URL de son site :

    • > Contribuer oui, mais comment ?
      13 octobre 2003, par Julien Tayon

      A tout hasard j’ai quand même corrigé :)
      J’avais oublié le http:// dans la balise SPIP
      Merci

      • > Contribuer oui, mais comment ?
        20 octobre 2003, par lorill

        dans ’ Utilisateur certes, mais utilisateur actif’, il est écrit ’voire même’. C’est mal.

        • > Contribuer oui, mais comment ?
          20 octobre 2003, par jul

          J’ai toujours un doute sur le fait de savoir si il faut écrire voire (quand c’est au sens de confere cf il me semble) et voir au sens du verbe regarder.

          Je me trompe de contexte ?

          • > Contribuer oui, mais comment ?
            20 octobre 2003

            non, c’est juste que c’est voire, sans même.

            • > Contribuer oui, mais comment ?
              20 octobre 2003

              <<
              Nous modérons à postériori votre forum,
              >>

              Snif. "a posteriori" étant une locution latine, il ne faut pas d’accent.

              • Beauty is Unity in Variety & reste zen
                20 octobre 2003, par firelink

                N’avons nous pas tous des preferences differentes les un des autres ?? . contribuer c est apporter la petite pierre de son ou ses domaine(s) pour faire avancer les choses et surtout pour le plaisir de partager le savoir
                ainsi "Beauty is Unity in Variety "
                c est tout simple alors restons cool ...
                c est aussi ca la philo de linux :)