L’article de Benjamin Mako Hill est intéressant et stimulant, parce qu’il avance des arguments précis. A l’inverse, le commentaire ci-dessus ne justifie pas ses affirmations :
les informaticiens auraient "fait main-mise sur le terme liberté" (alors qu’ils ont simplement créé une terminologie ne contrariant pas d’autres terminologies existantes, comme "liberté de la presse", etc.)
les licences CC seraient "à l’image du monde des arts d’aujourd’hui" : on ne sait pas en quoi mais apparemment c’est une évidence ("que ça plaise ou non")
les défenseurs du logiciel libre auraient pour but de "bâtir une idéologie" (alors que la plupart s’en contrefichent, ce qu’ils cherchent simplement à faire c’est de se structurer en communauté de production d’oeuvres autour de règles simples et efficaces)
Benjamin Mako Hill estime que Creative Commons aurait pu, comme le logiciel libre, fixer un principe précis et non-négociable qui aurait constitué la base d’une communauté de pratiques (sans interdire pour autant la diversité des licences et des modes précis de coopération). Dana Hilliot explique que la "souplesse" et la "diversité" de l’art l’interdit, sans expliquer pour quelles raisons précises. Mais le logiciel n’est pas monolithique non plus, et pourtant le libre y a fleuri aux côtés d’autres modèles.
J’ajoute que si Dana Hilliot cherche à disqualifier ceux qui ne sont pas d’accord avec lui en arguant qu’ils méconnaissent les pratiques artistiques (argument ad hominem typique : plutôt que de réfuter l’argumentaire d’un interlocuteur, asséner qu’il est incompétent), je ne comprends pas trop ce qu’il répond par exemple aux membres de la communauté Art Libre, qui sont des artistes ayant repris certains principes du logiciel libre dans le cadre de leurs pratiques de création.
Amicalement
Antoine.