Il est, si j’ai tout compris :) question de libre et de gauchisme tout du moins dans le titre du sujet, l’amalgame idéologique est en effet vite établi... De là à faire un parallèle avec les visées du capitalisme et la notion de « don » véhiculée par la philosophie du libre, faussement assujetti d’un « sans profit » par nombre d’auteurs, il n’y avait qu’un clic... Et pour cause, dans sa définition première le capitalisme se veut seul outil de prospérité : Il contrôle la matière et l’énergie par le détournement et l’amas de production, l’exploitation du marché et est le vecteur de la circulation des richesses... à sens unique^^, en ré-injectant sans cesse son produit dans la course aux résultats.
Si l’on veut bien examiner ce que peuvent être ces richesses, la production intellectuelle et la livraison d’outils logiciels prend une part de plus en plus importante dans leu circulation. Il ne va pas falloir penser le monde et son avenir sans compter sur des technologies qui ne peuvent que devenir LE moyen de communication et de compréhension entre les hommes, inter-ethnies, international, inter continental, interplanétaire (clin d’oeil à Mr Cerf), pas le seul fort heureusement, mais le plus aisé et le plus rapide. Tout logiciel n’est pas destiné à parcourir la toile, mais la toile ne peut exister sans ^^, ni sans son support matériel, et il est question ici du libre donc de tout le libre.
A partir de là l’essence même de cette communauté composée si hétéroclitement d’associassions, d’indépendants en tout genre, de quelques figures fortes en gueule ;) de rédacteurs prolixes et de fans répandant avec ferveur sur moultes forums leur signature « vive Nux, vive Mozilla ! » :) , l’essence donc du libre a bien du mal à faire reconnaître non pas sa légitimité nullement contestée mais ses objectifs.
Je vais m’attarder sur un point seulement : C’est vrai, bien des attentes de propagation libre et gratuite de la connaissance, de réalisations logicielles et progicielles sont restées sans réel retour, étaient-elles justifiées ? Parmi celles-ci on retrouve en récurrence que je qualifierais de dénuée de bon sens cette idée que le libre doit forcément être totalement gratuit, et pour sa conception, et pour sa distribution, et pour le client final qui n’aurait qu’à profiter alors du travail de chacun, y compris celui des préconisateurs de sociétés sensées êtres payées pour leur proposer les solutions adéquates à leurs besoins exprimés. Le développeur qui fournit son source, fait don de son travail, souhaite pour le moins que son « oeuvre » ne soit modifiée que sous certaines conditions, que sa paternité soit établie et ainsi permet à d’autres de prospérer ; le distributeur, l’intégrateur etc... aurait-il tort de demander la première des reconnaissances d’un droit humain qui il me semble est l’un des fondement du gauchisme : Considérer que tout travail mérite salaire et que ne pas observer ce commandement (oui j’ai dit commandement ;=] ) en revient à exploiter le « travailleur ».... A méditer...
C’est ici soulever toute l’ambiguïté et la contradiction d’esprits gauchisants hors des réalités économiques et des necessités vitales humaines. Je ne crois pas que notre dévoué developpeur se fasse griller ses brouillons de code le soir au dîner. Un pareil sort est fait aux ingénieux concepteurs et maîtres d’oeuvre en matière de technologies dites alternatives de production d’énergies, à en croire certains, le mécanicien qui monte sur votre voiture un moteur BingoFuel devraient se contenter de croquer ses boulons pour tout menu, sous prétexte que son action est anticapitaliste parce que généreuse et bienfaitrice dans l’abdsolu^^ Il ne me semble pas contradictoire que rendre disponible et gratuite l’information et la connaissance via le libre (et vice versa) soit en contradiction avec la rémunération de leurs auteurs lors qu’il s’agit d’en exploiter commercialement ou industriellement les produits...
j’ai volontairement réduit mon approche à ce sujet, car il fait partie des oppositions extrêmes entre ce capitalisme ambiant destructeur que nous connaissons et l’esprit même du libre qui se voudrait vecteur de partage... mais pas à n’importe quel prix ! Pas celui de l’exploitation totale ! Il m’est cher de propager cette idée de fraternité, mais surtout celle du respect, et le gauchisme déviant vers la dictature idéologique sans tenir comptes des réalités me laisse esbaudie, quel manque de cohésion dans ces récriminations et rancoeurs de « déçus du libre » !
Cette reflexion mise à part je souhaite répondre à ma façon à la question d’Olivier Citation d’Olivier : Or l’immatériel est la sphère dans lequel évolue le libre. Il y a donc competition entre le libre et le capitalisme. Cette competition entre-t-elle dans la sphère du politique ? Compétition ? Non, le capitalisme trouve tout à fait son grain à moudre dans cet immatériel complètement palpable au final en monnaie sonnantes et trébuchantes, le libre n’a pas pour objectif (je crois^^) de devenir un rival à abattre tant idéologiquement qu’économiquement par les mentors financiers, bien au contraire, il se fond dans notre mode de vie, prend sa place et ne peut que souhaiter une réelle reconnaissance de son apport dans notre société. Le tout est bien politique si l’on s’attache à ce terme dans sa définition : Ensemble des pratiques, faits, institutions et déterminations d’une société.(ou du gouvernement d’un état, mais ce n’est pas notre propos ici)
Fraternellement,